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La démocratie en danger

Mise à jour le 10 juin 2008
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A la veille de la conférence des donateurs de l’Afghanistan, devant se tenir à Paris le 12 juin 2008, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme exprime son inquiétude face au recul de la démocratie dans le pays à un an des prochaines élections présidentielles et appelle à la libération inconditionnelle de Latif Pedram, maintenu en résidence surveillée depuis le 2 février 2008.

« A un an des prochaines élections, la Communauté internationale doit sévèrement condamner les dérives anti-démocratiques, en s’assurant notamment que Latif Pedram soit libéré et puisse réintégrer la vie politique et démocratique du pays » a demandé Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH, « elle doit en outre exiger des autorités afghanes de garantir un maximum d’espace aux forces démocratiques, en excluant les anciens criminels de guerre des prochaines élections présidentielles et parlementaires ».

Contexte :

Latif Pedram est un écrivain et un intellectuel renommé, co-fondateur du Congrès National d’Afghanistan, un parti multi-ethnique pour le changement démocratique en Afghanistan, le seul parti d’opposition qui ne soit pas lié à un groupe armé.

Depuis le 2 février 2008, Monsieur Pedram est de facto en résidence surveillée à Kaboul, dans une demeure entourée par la police et les forces de sécurité du Ministère de l’intérieur, sans justification officielle. Le Procureur général lui a interdit de quitter le territoire afghan pour avoir prétendument été témoin d’une altercation entre deux personnalités politiques afghanes. Ces accusations sont sans fondement, et vraisemblablement motivées afin de restreindre ses activités politiques et d’entraver sa candidature lors des élections présidentielles de l’année prochaine.

L’assignation à résidence de Latif Pedram intervient dans un contexte où plusieurs personnalités démocrates et pacifistes de la société civile sont délibérément ciblées (la parlementaire Malalay Joya a été interdite d’exercer ses fonctions), menacées de mort (la Présidente de la Commission nationale des droits de l’Homme Mme Sima Samar), quand elles ne sont pas assassinées (le corps du correspondant de la BBC, Abdelsamad Ruhani, retrouvé mort le 8 juin dernier).

Les prochaines élections présidentielles auront lieu en 2009 et les élections parlementaires en 2010. La FIDH appelle à la révision des critères d’éligibilité, afin d’écarter la candidature de tout ancien responsable de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, et de promouvoir les forces démocratiques. L’engagement avait été pris lors des précédentes élections parlementaires, de garantir qu’aucun ancien criminel de guerre ou auteur de crimes contre l’humanité ne soit éligible aux élections parlementaires. Néanmoins, cet engagement n’avait été suivi que de peu d’effet et de nombreux anciens criminels se sont ainsi retrouvés sur les bancs du parlement afghan, d’où ils ont bloqué de nombreuses perspectives de réforme institutionnelle et démocratique.

Les deux dernières élections ont été entachées d’irrégularités sérieuses. La communauté internationale doit s’assurer que les autorités afghanes organisent des élections les plus équitables possibles en effectuant un recensement de la population pré-electoral, afin de redessiner une carte électorale actuellement basée sur des estimations. Ce recensement devait débuter dès le mois de juillet. Le 8 juin dernier, le Bureau central des statistiques afghan a indiqué son report de deux années, prétextant la « politisation » de l’exercice, un argument pour le moins surprenant s’agissant de la préparation d’un exercice d’expression politique.

Pour plus d’information, voir la note de situation de la FIDH enpage 2

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