TOTAL est en effet l’opérateur du projet et celui des partenaires financiers qui y dispose du nombre de parts le plus important. Il est à ce titre plus que tout autre responsable de la mise en œuvre du projet.
Comme il était inévitable, ce rapport a posé un problème de méthode, puisque les observateurs indépendants ne sont pas autorisés sur le site du chantier. Lors d’un entretien récent avec la FIDH, M. Daniel Valot, directeur général de l’Exploration-Production chez TOTAL, s’est néanmoins montré ouvert au principe d’une telle mission indépendante, et la FIDH souhaite vivement que la requête qu’elle avait formulée à cet égard puisse aboutir. Le présent rapport se fonde donc sur des informations tirées d’autres rapports et d’autres sources - informations qui ont été confirmées et vérifiées, selon la méthode traditionnelle de la FIDH.
Le récent rapport de Southeast Asian Information Network et Earth Rights International, Total Denial, publié en juillet 1996 (et notamment ses interviews des réfugiés à la frontière thaïe), a été une source vaste et précieuse d’informations, et plusieurs passages en ont été repris. Que ses auteurs en soient particulièrement remerciés. Nombre d’autres sources d’information ne peuvent être citées ici, pour des raisons évidentes de sécurité, mais les auteurs du présent rapport tiennent à les remercier très vivement de leur coopération, qui fut précieuse, voire indispensable.
Force est alors de constater le bilan accablant de l’enquête, et l’insuffisance manifeste des réponses de TOTAL et d’UNOCAL aux interrogations suscitées par le projet.
Il ressort en effet que le projet de Yadana est condamnable à plus d’un titre :
* Alors que les dirigeants de TOTAL et d’UNOCAL affirment ne pas vouloir jouer de rôle politique, mais se limiter à un rôle économique, il apparaît que c’est là une volonté illusoire :
* Les violations de droits de l’Homme liées au chantier sont avérées : déplacements forcés de population, travail forcé, torture, viols, extorsions financières... L’essentiel de ces violations est commis par les membres de l’armée birmane, le Tatmadaw, chargée de garantir la sécurité du chantier. S’il est peu probable que TOTAL ait recours directement au travail forcé, il est clair néanmoins qu’il le tolère, et en tire des bénéfices. Le chantier est la cause, à tout le moins médiate, de violations massives de droits de l’Homme.






