La Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation affiliée la Ligue de défense des droits de l’Homme en Iran (LDDHI) souhaiteraient utiliser cette occasion pour tout d’abord remercier l’Union européenne de ses engagements pris par le passé de condamner publiquement la situation des droits de l’Homme dans ce pays, par le biais de l’initiative bi-annuelle d’une résolution sur la situation des droits de l’Homme en Iran, à l’AGNU et à la Commission des droits de l’Homme.
Une telle résolution a permis, depuis 1984, d’obtenir une évaluation régulière de la situation des droits de l’Homme dans ce pays, par le biais d’un mécanisme indépendant faisant rapport régulièrement, ce qui a permis de briser l’isolement dans lequel étaient confinés les défenseurs des droits d’Homme en particulier, et la société iranienne en général. Avec l’accession au pouvoir du Président Khatami, cette résolution a permis de fournir les bases adéquates pour permettre à différents gouvernements de s’engager dans des dialogues pour améliorer la situation des droits de l’Homme sur la base de faits reconnus dans des enceintes à vocation universelle.
Un tel mécanisme est toujours nécessaire, particulièrement à l’heure où l’Union européenne entreprend ce dialogue droits de l’Homme avec la République islamique d’Iran. En effet, la FIDH et la LDDHI - qui est toujours interdite dans son pays- restent préoccupées par les éléments suivants :
Alors que la FIDH et la LDDHI souhaitent saluer les efforts de l’Union européenne pour s’engager dans un dialogue franc avec l’Iran, les deux organisations souhaitent souligner que toute politique de dialogue en matière de droits de l’Homme doit nécessairement être associée à un outil d’évaluation indépendant et transparent.
A cette fin, la FIDH considère que l’UE devrait, tout en développant un dialogue, être en mesure d’initier, tant au sein de la Commission des droits de l’Homme que de l’AGNU, des résolutions sur la situation des droits de l’Homme en Iran ce qui, s’agissant de la Commission des droits de l’Homme, s’accompagne de l’établissement de mécanismes de contrôle appropriés, tel un Rapporteur spécial.
Un tel mécanisme est en effet essentiel pour entreprendre un dialogue efficace et fonctionnel, afin de pouvoir établir les progrès accomplis. Sa publicité reste inconditionnelle, au bénéfice de la société iranienne au sens large et de ses défenseurs des droits de l’Homme en particulier. Enfin, une telle initiative correspondrait pleinement au mandat des quinze Etats membres de l’UE qui siègent à la Commission des droits de l’Homme et à l’AGNU.
La FIDH et la LDDHI appellent les Ministres des Affaires étrangères de l’UE à aborder cette question importante lors de leur prochaine réunion en Conseil Affaires générales lundi 21 Octobre.
En vous remerciant de votre attention, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs les Ministres, l’expression de ma haute considération.
Sidiki Kaba
President







