Parmi les violations des droits de l’Homme et du droit des réfugiés commises dans le cadre de la coopération entre les États membres de l’OCS en matière de politique et de sécurité, l’on peut notamment citer le cas des 29 réfugiés et demandeurs d’asile ouzbèkes au Kazakhstan qui, en juin 2011, ont été contraints de retourner dans leur pays, alors qu’ils risquaient pourtant d’y être soumis à la torture ou à de mauvais traitements. Les autorités kazakhes ont par conséquent contrevenu à l’obligation fondamentale de non-refoulement. Or, cette obligation de non-retour de personnes vers des lieux où elles risquent d’être torturées est inscrite dans la Convention contre la torture et dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, instruments auxquels le Kazakhstan est un État partie. Les autorités du pays n’ont de surcroît pas respecté les mesures provisoires imposées par le Comité des Nations Unies contre la torture visant à n’extrader aucune des personnes dont il devait examiner le dossier. Dans sa décision publiée en juin 2012, le Comité a constaté que le gouvernement du Kazakhstan avait enfreint la Convention contre la torture. Il n’en reste pas moins que ce pays et l’Ouzbékistan ne s’acquittent toujours pas de leurs obligations.
Le rapport expose dans le détail quatre autres affaires de violations des droits de l’Homme, mais il inclut aussi un manuel sur les divers mécanismes internationaux de protection des droits de l’Homme dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
Les États membres de l’OCS sont, pour la plupart, dirigés par des régimes autoritaires. C’est au nom de la sécurité et de la stabilité nationales qu’ils tentent de justifier la répression exercée sur les militants religieux et politiques, les défenseurs des droits de l’Homme ainsi que sur les membres de l’opposition et les représentants de certaines minorités. Les gouvernements des pays membres de l’OCS accusent souvent ces personnes ou ces groupes d’« extrémisme » et intentent des poursuites à caractère politique à leur encontre. Mal défini, ce concept d’« extrémisme » ne constitue pas une infraction pénale à l’échelon international. En effet, le cadre de l’OCS en matière de sécurité est mis en œuvre via les législations nationales, en l’absence de toute définition précise de la notion de terrorisme. Il en résulte des textes de lois et des règlements excessivement généraux que les représentants de l’État peuvent aisément détourner.
L’intégration des doctrines de l’OCS dans le droit interne de chaque État membre permet à la Chine et à la Russie d’étendre leur contrôle sur les politiques et pratiques régionales de lutte contre le terrorisme bien au-delà de leurs frontières respectives, en vertu de leur statut de membres dominants au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai. Cet état de fait a de graves répercussions sur la protection des droits de l’Homme en Asie centrale. Lors du Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai qui s’est tenu le 6 et 7 juin 2012 à Pékin, les États membres ont amendé un accord sur les mécanismes afin de répondre de manière collective à « des événements susceptibles de mettre en péril la paix, la sécurité et la stabilité dans la région ».
Mme Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH a déclaré à ce propos : « L’accord récemment conclu à Pékin reflète la crainte des gouvernements des États membres de l’OCS d’être confrontés à des soulèvements populaires semblables à ceux qui ne cessent de prendre de l’ampleur au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. ». Et d’ajouter que : « Les doctrines sécuritaires de l’OCS renforcent le pouvoir déjà étendu des États, souvent exercé sans le moindre contrôle et de manière abusive pour criminaliser aussi bien les dissidents que les défenseurs des droits de l’Homme. »
La FIDH et ses organisations membres et partenaires des pays de l’OCS ont formulé à l’intention des États concernés plusieurs recommandations, à savoir :
Le rapport est téléchargeable en version anglaise ( http://www.fidh.org/spip.php?action=telecharger&arg=6123 ) et en version russe ( http://www.fidh.org/spip.php?action=telecharger&arg=6154 ).
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