Mohammed al Qahtani, citoyen saoudien détenu, soumis à la torture et aux abus à Guantanamo, avec l’autorisation spécifique de Rumsfeld et sous la supervision du Major Général Miller, est également partie civile dans cette affaire.
La démission de Rumsfeld la semaine dernière signifie qu’il ne peut plus opposer son immunité de Secrétaire d’Etat ou d’autorité gouvernementale. Les personnes visées par cette plainte sont soupçonnées d’avoir ordonné, assisté ou incité à commettre des crimes de guerre, ou encore de ne pas les avoir prévenus : de tels actes sont explicitement incriminés en droit allemand. En vertu du Code sur les Crimes violant le droit international de 2002, le Procureur fédéral allemand peut entamer des poursuite contre les criminels de guerre, quels que soient le lieu où se trouvent le prévenu et le plaignant, l’endroit où le crime a été commis ou la nationalité des personnes impliquées.
En novembre 2004, l’ancien Procureur fédéral allemand n’a pas entamé les poursuites suite à une plainte déposée précédemment contre certaines de ces mêmes personnes. Les Etats-Unis ont fait pression sur l’Allemagne pour que cette affaire soit abandonnée. L’affaire a été définitivement abandonnée en février 2005, à la veille d’une visite du Secrétaire d’Etat à la défense Donald Rumsfeld en Allemagne. Le Procureur fédéral, qui a refusé d’engager des poursuites sur la base de la loi de compétence universelle adoptée par l’Allemagne il y a quatre ans, a été remplacé.
En rejetant l’affaire, le premier Procureur avait déclaré : « rien n’indique que les autorités et les tribunaux des Etats-Unis d’Amérique, freinent ou essaieraient de freiner des mesures pénales concernant les violations décrites dans la plainte. » Or, le « Military Commissions Act » de 2006 prévoit l’immunité des autorités contre toute poursuite et nouvelle preuve, selon les avocats et les organisations de défense des droits de l’Homme.
« Deux ans après avoir déposé la première plainteen Allemagne, l’échec total des autorités américaines à enquêter sur les responsabilités de haut niveau dans le programme de torture ne pourrait être plus clair », déclare Michael Ratner, président du CCR. « L’adoption du Military Commissions Act qui amnistie les autorités américaines accusées de crime de guerre, n’est que l’illustration la plus récente du refus américain de poursuivre des Américains. Ces crimes ne sont pas le fait d’une poignée de mauvais éléments ; ils ont été planifiés et exécutés aux plus hauts niveaux de l’administration américaine ».
Depuis deux ans, de nouvelles informations saisissantes mettent en lumière le rôle de plusieurs hauts responsables civils. La nouvelle plainte indique que l’ancien conseiller juridique de la Maison Blanche, Alberto Gonzales, ainsi que notamment les anciens adjoint et assistant de l’Attorney General, John Yoo et Jay Bybee, sont les architectes du cadre juridique des pratiques de l’administration Bush en matière de torture. L’existence des « mémos sur la torture » et l’autorisation par le Secrétaire d’État à la défense Rumsfeld, le Lt-Général Sanchez et par d’autres, des techniques spéciales d’interrogatoire violent le droit international humanitaire et les droits de l’Homme. Ces faits avérés rendent évidente la responsabilité des responsables au plus haut niveau, pour traitement inhumain et dégradant, à Abou Ghraib et dans les autres infrastructures américaines. L’ancienne Brigadier Général Janis Karpinski, ciblée par la plainte précédente en tant qu’officier en chef à Abou Ghraib, est aujourd’hui témoin des parties civiles en Allemagne.
L’avocat berlinois Wolfgang Kaleck affirme : « En novembre 2004, nous avions choisi l’Allemagne comme une Cour de dernier ressort. C’est toujours le cas en 2006. Il n’y a simplement aucun autre lieu où aller si ce n’est dans les tribunaux étrangers. Nous luttons contre l’impunité et pour la justice et notre réseau mondial d’organisations de défense des droits de l’Homme et d’avocats travaille à renforcer les droits de l’Homme comme premier recours pour les victimes de crimes de guerre partout où nous le pouvons. Saisir les avantages de la compétence universelle nous permet de faire face aux crimes de guerre, quels que soient le lieu où ils sont commis ou la nationalité de la personne qui les commet. La plainte que nous déposons aujourd’hui doit être comprise comme une tentative, parmi d’autres, de combattre la torture et d’enrayer les crimes à l’avenir.
« Les Etats-Unis d’Amérique, en prétendant apporter des standards moraux et juridiques au monde, refusent d’enquêter sérieusement sur le rôle de ceux qui, en haut de la chaîne de commandement, sont responsables de crimes commis à l’encontre de centaines de détenus sous contrôle américain en Irak, en Afghanistan et à la base navale de Guantanamo à Cuba », interpelle Sidiki Kaba, président de la FIDH. « Nous appelons maintenant le Procureur allemand à remplir son devoir de poursuite de façon indépendante, impartiale et objective ».
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ADDENDUM
Hauts responsables visés par la plainte :
Les parties civiles comprennent :
Personnalités
ONG Internationales et régionales
ONG nationales :









