Alors qu’ il rendait visite à sa famille, mi-avril, Mr Baba, ressortissant français d’origine mauritanienne est interpellé le 12 avril 2002, au lendemain de son arrivée et emmené à la direction de la Sûreté de l’Etat à Nouakchott.
C’est au cours de l’interrogatoire mené le 14 avril que Mr Baba perçoit les raisons de son interpellation : les autorités mauritaniennes tentent d’établir un lien entre Mr Baba et un mouvement d’opposition non reconnu. Toutes les méthodes deviennent alors permises pour obtenir lesrenseignements recherchés : des bureaux de la direction de la sûreté au « laboratoire », Mr Baba, préalablement débarrassé de ses vêtements, sera soumis jour après jour à diverses techniques de torture, celle dite du « jaguar » ou celle du « debout assis », l’interdiction de sommeil ou encore les violences sur les parties génitales. Mr Baba est relâché le 21 avril 2002 après neuf jours de détention arbitraire, de tortures physiques atroces et de pressions psychologiques.
Il n’est pas contestable que les faits décrits ci-dessus sont constitutifs d’un crime de torture - tel que le définit l’article 1 de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants de 1984 intégrée en droit pénal français - et incriminés par les articles 222-1 et suivants du code pénal français.
Du fait de la nationalité française de la victime, Mr Baba, la compétence des juridictions de ce pays ne souffre aucun doute (article 113-7 du code pénal et 689 et suivants du code de procédure pénale). Au regard de la gravité des actes commis, et de l’impunité systématique dont bénéficient en Mauritanie ceux qui se rendent coupables de tels crimes, les auteurs de la présente plainte espèrent que celle-ci recevra toute l’attention urgente et les suites qu’elle mérite.
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