L’Observatoire a été informé de l’assassinat de M. Deida Hydara, éminent journaliste gambien, dans la nuit du 16 au 17 décembre 2004, peu après minuit.
Selon les informations reçues, M. Deida Hydara a été assassiné de trois balles dans la tête, alors qu’il reconduisait deux de ses collaboratrices à leur domicile. Ces dernières, Mme Ida Jagne-Joof et Mme Nyang Jobe, ont été blessées également par balles aux jambes, et se trouvent actuellement à l’hôpital pour y être soignées.
M. Hydara, 58 ans, travaillait comme correspondant en Gambie pour l’Agence France Presse (AFP) depuis 1974 et pour Reporters sans frontières (RSF) depuis 1994 ; il était également copropriétaire du journal The Point. M. Hydara était particulièrement reconnu pour son engagement en faveur de la liberté de la presse et des droits de l’Homme, et avait récemment écrit deux articles dans son journal, critiquant l’adoption de deux lois particulièrement répressives en matière de liberté de la presse les 13 et 14 décembre derniers. Il avait également été l’instigateur d’une lettre ouverte envoyée le 16 décembre 2004 par RSF au président de la République gambienne lui demandant de ne pas signer les deux projets de loi [1].
L’Observatoire exprime sa plus vive préoccupation au regard de cet assassinat qui s’inscrit dans un contexte plus large d’intimidations et de répression contre l’ensemble des journalistes indépendants en Gambie.
Ces faits constituent une violation flagrante des dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, notamment ses articles 6(b) et 6(c) qui stipulent que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales », ainsi que « d’étudier, discuter, apprécier et évaluer le respect, tant en droit qu’en pratique, de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales et, par ces moyens et autres moyens appropriés, d’appeler l’attention du public sur la question ».
Actions demandées :
Merci d’écrire aux autorités gambiennes et de leur demander de :
Adresses :
fax du Vice-président : 00 220 422 40 12
fax : 00 220 422 53 52
fax : 00 220 422 30 63
fax : 00 220 437 80 66
Tél : +33(0)1.72.74.82.61, Fax : +33(0)1.53.04.05.99, e-mail : ambgambia-france@hotmail.com
Merci d’écrire également aux représentations de la Gambie dans vos pays respectifs.
Paris - Genève, 23 décembre 2004
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du prix des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
Tel et fax FIDH : 33 (0) 1 43 55 20 11 / 01 43 55 18 80
Tel et fax OMCT : +4122 809 49 39 / 41 22 809 49 29









